De nouvelles règles de télétravail jugées trop strictes ont provoqué une grève chez Leboncoin ce mercredi. Et celle-ci était la toute première grève dans l’histoire de la marque : une entreprise fondée il y a 20 ans et élue « marque préférée des Français ». Retour sur les raisons de cette rébellion.
Un rachat par des fonds d’investissement anglo-saxons
Depuis mai 2024, Leboncoin appartient à spécialiste norvégien des annonces en ligne Adevinta contrôlé par les fonds américain Blackstone et britannique Permira.
Selon plusieurs salarié·es, ce changement d’actionnaires aurait entraîné une transformation progressive de la culture d’entreprise, non seulement en matière de conditions de travail mais aussi en matière de vision.
Aujourd’hui, la logique est davantage tournée vers la rentabilité et les performances financières, au détriment du dialogue et du bien-être des salarié·es, qui faisaient auparavant la réputation du groupe.
Une politique de télétravail plus rigide
La direction a récemment décidé de limiter davantage le recours au télétravail. Les salarié·es doivent désormais être présents 3 jours par semaine dans les locaux parisiens, alors que certains avaient signé des contrats mentionnant 1 jour de présentiel par semaine.
Plusieurs employé·es estiment que cette nouvelle organisation remet en cause l’équilibre entre vie pro et vie perso : « on a un contrat avec l’assistante maternelle, un planning, et ma compagne travaille en horaires décalés… ».
Certains collaborateurs avaient même fait le choix de partir s’installer dans d’autres régions et de faire le déplacement une fois par semaine. Mais avec 3 jours de présentiel par semaine, cela s’annonce bien plus compliqué.
Une revalorisation des salaires bien trop basse
Autre sujet de tension : les rémunérations. Une partie des salariés reproche à la direction de ne pas avoir accordé d’augmentation générale malgré l’inflation et les bons résultats économiques de l’entreprise.
Devant le siège parisien de l’entreprise, Florine Moutoussamy, représentante syndicale CGT et membre du CSE, a dénoncé au mégaphone des augmentations salariales jugées insuffisantes par les salarié·es. Elle a aussi expliqué que l’accumulation de nombreuses difficultés individuelles finissait par provoquer un malaise collectif au sein des équipes.
« Des objectifs pas raisonnables »
Enfin, plusieurs salarié·es affirment également subir une pression importante liée aux performances attendues. Ils dénoncent des objectifs jugés trop élevés ou difficiles à atteindre dans les délais imposés.
D’après les représentants syndicaux, cette situation contribuerait à une dégradation des conditions de travail et à une hausse du stress au sein des équipes. La direction, de son côté, assure vouloir maintenir la compétitivité de l’entreprise dans un marché numérique très concurrentiel.
Grève des salariés Leboncoin : ce qu’il faut retenir
Cette mobilisation liée aux conditions de travail et notamment de télétravail marque un événement inédit dans l’histoire de Leboncoin.
Les salarié·es, autrefois très satisfait·es par leurs conditions d’embauche, sont aujourd’hui sous pression, déçus et grandement mécontents. Dans certaines équipes, cela provoquerait même « de réelles souffrances » qui se traduiraient par une hausse expodentielle du nombre d’arrêts maladie.
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